//////// .puzzlE ////////

Puzzle, livre collectif, illustrations d'Aude Carbone, Alice Le Danff, Pole Ka, Jeanne Lombard, Claudine Panagopoulos, Laura Schneider, Margaux Sourisseau, Miroslav Weissmuller, 36 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-2-2. 

Ce livre est un livre collectif réunissant huit illustrateurs autour du thème Puzzle.

Tout d’abord, Margaux Sourisseau est partie de l’idée que les puzzles sont des jeux destinés aux enfants, qui en construction créent des zones floues et des trous. Cela lui évoque des points de censure (la censure venant d’elle ou d’autres) et une recherche d’identité en mixant l’enfance (représentée par des peluches) et des peurs plus adultes (meurtre), en laissant soin au puzzle de censurer le pire.

Laura Schneider a aussi travaillé sur l’idée de la recherche d’identité. Le puzzle est une partie d’un tout, ces morceaux de nous-mêmes forment ce que nous sommes, notre identité, notre unité, qui elle-même fait partie intégrante de l’Univers. Nous passons notre vie à chercher qui nous sommes, comme on chercherait avec soin, le quatrième coin d’un puzzle. Nous découvrons de nouvelles pièces un jour après l’autre, afin de pouvoir se sentir enfin complet.

Pole Ka a travaillé sur un puzzle anatomique, mélangeant différentes parties de corps masculin et féminin, créant une sensation d’étrangeté.
Ses images mêlent des cadrages rappelant la Renaissance ainsi que des poses néoclassiques.

Claudine Panagopoulos dessine depuis longtemps des créatures mi-humaines. Au-delà de l’animal totem ou du caractère sauvage qui réside en chacun de nous, elle aime l’impression de bizarrerie (parfois frôlant la gêne) qui se dégage des chimères.

Ensuite, Jeanne Lombard a interprété le thème par une femme qui dort en repensant à tous les hommes qui ont constitué sa vie amoureuse.

Dans les images d’Alice Le Danff, le principe du puzzle est utilisé pour superposer des scènes de vie 
survenues dans un même environnement à différents moments. 

Quant à Aude Carbone, elle a travaillé sur une sorte de métaphore des relations humaines, complexes, impossibles, bipolaires. 
Deux mains s'emboîtent comme deux pièces de puzzle, et dans les pièces de puzzle manquantes de part en part sont représentés les personnages aveugles à qui sont censées appartenir ces mains. 
Ils essaient de s'atteindre comme si les pièces de puzzle dans lesquelles ils étaient enfermés pouvaient se correspondre. 
Elle ne sait pas elle-même si dans les petites mains qui ressortent derrière leur dos se trouve celle de leur âme soeur, ou si comme dans un labyrinthe infernal, ils tournent en boucle dans leur propre prison.
Pour l'image du couple, nous nous situons dans quelque chose d’ambivalent. 
Nous ne savons pas si le personnage masculin insère ou retire l'enfant du corps de la femme. 
Le foetus devient une pièce de puzzle qu'on place et déplace.
Les yeux et attitudes des personnages offrent toutes ces possibilités, et dans chacune toutes ces émotions restent légitimes.
Dans le premier cas, il s'agirait d'une grossesse forcée, d'un viol ; dans le deuxième cas, il peut autant 
l'aider à accoucher, lui voler son enfant, ou encore sauver l'enfant d'un infanticide. 
Le point de vue d’Aude Carbone est que le personnage homme ressemblant à un gargouille viole 
et impose une grossesse à la femme qui essaye de se défendre. Le cordon ombilical est déjà coupé 
car elle ne veut pas de cet enfant, le lien est donc brisé.

Pour finir, dans ses dessins à l'encre noire, Miroslav Weissmuller met en scène des figures spectrales 
aux corps démembrés, égarées dans des régions sauvages et cherchant en vain à reconstituer leur propre puzzle.













///////. la damE de coeuR ///////

La dame de coeur, conte, texte de Vedrana Donic', illustrations de Laura Schneider, 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-1-5.

Prune, une jeune femme sans attaches, rencontre une femme qui deviendra son amie et lui apportera beaucoup. Cette femme a des yeux absolument magnifique de la couleur vert anis, comme une aquarelle, ce qui lui vaudra le surnom de Yeux Verts.
Yeux Verts et Prune s’entendent bien jusqu’au jour où Yeux verts coupe les ponts. Prune est attristée.
Heureusement, l’histoire ne se finit pas là !
Une belle rencontre et des retrouvailles se profilent !

Entre mélancolie et poésie, ce conte évoque la rupture amicale, parfois presque aussi douloureuse qu’un chagrin d’amour, la disparition et le manque d’un être cher.

Extrait :

Un jour, en allant s’asseoir dans un parc, pour se changer les idées, elle écouta Otis Redding. C’est alors qu’elle rencontra une femme avec des yeux vert anis, telle une aquarelle. Une couleur tellement magnifique qu’on ne l’oublie pas. La lumière s’y déposait sans retenue dans une caresse impudique. Elles se mirent à parler de leurs voyages respectifs, on voyait tous ces pays dans le fond de ses yeux verts. Elles sympathisèrent et se donnèrent rendez-vous le vendredi qui suivit.

(...)

Elle se mit à la chercher dans tout le parc, mais ce fut en vain, elle n’avait laissé aucune trace, rien, juste un vide indicible en Prune.
Prune avait l’impression d’avoir perdu une partie d’elle-même.
Comme au poker, Prune a joué, a misé ses jetons sur la table verte, a été bluffé, et a finalement tout perdu, même son coeur.
Elle a d’abord parlé en espérant que le vent apporterait ses paroles aux oreilles de Yeux Verts, mais le vent les a égaré.
Prune pensa alors : « Ca serait si simple si mon coeur était là, que je pouvais lui parler, et lui dire d’arrêter de penser à cette amie, mais il ne m’écoute pas, c’est un obstiné ».

Puis elle songea :
« Que cette journée soit douce,
Comme la couleur de tes yeux.
Que tu aies le coeur joyeux,
Comme lorsque l’on est amoureux.
Nous côtoyons le même quartier,
Cent fois j’ai cru apercevoir tes yeux dans la foule,
Et cent fois je fus triste que ce ne soient pas les tiens.
Tu restes ma dame de coeur,
Et je pense à tes yeux cajoleurs. » 


///////. danS mA têtE ///////

Dans ma tête, livre collectif, illustrations d'Albert Foolmoon, Dav Guedin, Faustine Jacquot, Gaël Rageade, Laura Schneider, Margaux Sourisseau, Clémence Thienpont, Marion Vandenbroucke, 36 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9558623-0-8.

Ce livre est un recueil d’images, sans texte obligatoire pour la première fois dans cette maison d’édition, illustrant le thème sensible « Dans ma tête ».

Huit illustrateurs talentueux ont participé à cet ouvrage.

Nous entrons tout d’abord dans l’imaginaire d’Albert Foolmoon, sérigraphe lillois à l’Atelier Sabordage, éditeur du Lézard Actif, et découvrons ses images rappelant les dissections médicales et les mutations.

Marion Vandenbroucke, telles des pages d’encyclopédie avec légende, nous livre ses idées écologiques, en définissant « Vélorution » et « l’Urgence ».

Laura Schneider les rejoint en dessinant les agressions du monde extérieur qui l’étouffent, ainsi que ses phobies (dentiste, claustrophobie, mort d’un parent, monde médical).

À l’inverse, Gaël Rageade traduit de sublimes rêves en images, traduisant la liberté et l’envie de voyager, tandis que Clémence Thienpont et son humour décalé nous offre quelques jeux de mots amusants.

Faustine Jacquot, qui a illustré le livre « L’homme qui marchait sur ses mains » les suit avec ses images épurées et surréalistes.

Dav Guedin, des Frères Guedin, vient compléter ce livre, avec ses engagements politiques, ainsi que ses images pornos. Il nous en met plein les yeux avec une magnifique couverture.

Et pour finir, Margaux Sourisseau dévoile les images d’un malaise intérieur, une bataille entre le « moi » le « sur-moi » et le « ça » de Freud, souffrant d’oppression, ayant l’impression de devoir abandonner une partie de soi, et créant ainsi une apocalypse profonde.

Vous y lirez aussi sûrement d’autres choses, on nomme cela « La magie des images » !



















///.l'hommE quI marchaiT suR seS mainS ///

L'homme qui marchait sur ses mains, conte, illustrations de Faustine Jacquot, texte de Vedrana Donic', 32 pages, 175*200 mm, 07€, ISBN : 978-2-9528442-9-1.

C’est l’histoire d’un petit garçon qui aimait très fort sa voisine.
Malheureusement, elle devait déménager avec ses parents.
Apprenant la nouvelle, un soir de tristesse, il souffla sur sa main un baiser qui devait aller jusqu'à son amoureuse.
Mais à cause de la vitre du camion de déménagement, le baiser ne l’atteignit pas.
Son souffle se transforma en vent, puis en tempêtes et tourbillons, se promenant entre les feuilles des chênes et les champs de pivoines.
Finalement le vent est resté, a continué à souffler, et ce vent symbolise leur amour perdu.
Depuis le vent court partout à la recherche de cette fillette.

Ce garçon, car il en a eu le coeur retourné, a été atteint par une malédiction bien singulière : Tête en bas, pieds en haut, il marche sur ses mains depuis son départ.
Il ne le faisait pas exprès, c'était devenu ainsi.

Il devait faire attention où il mettait ses mains...


S’en suivront une rencontre, un passage au cirque, et même une métamorphose !